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Cette impasse, presque une friche abandonnée, m'appelle depuis quelques semaines. Dans cet espace intime, j'y vois un visage immense. Je construis en strates, alternant grillage et filasse. J'intègre le sable d'un chantier de pavé à mon argile pour gagner en volume et limiter le retrait. Je finis par ajouter de la paille à mon mélange pour construire les gros volumes du crane sans alourdir excessivement la pièce. Dès que le nez apparaît, les passant commencent à m'interpeller, curieux. Je décide d'un visage anguleux et simplifié, dont le profil ressortira depuis la rue perpendiculaire. Quelques lianes de vigne vierge et de lierre me servent à camoufler les traits pendant les trois jours de sculptures, sans eux ce n'est plus qu'une masse informe invisible dans cet espace de retrait du monde. Sculpter un volume aussi imposant demanderait une étude préliminaire, ici la permissivité habituelle de l'argile s’effondre sous la masse qui refuse l'édition facile.



































































































