P0020
Après les deux semaines de mur blanc qui ont suivi la violente attaque contre la pièce P0019, je reviens le samedi préparer mon ébauche pour la pièce P0020. A l'angle de deux rues, je vois un visage grave, le regard vers le bas, peut-être un visage d'homme en pleine introspection. J'envisage de tester une nouvelle approche sculpturale par strates, décidant que la P0019 représente la fin d'un cycle. En fin de journée, alors que le soleil du samedi arrive sur nous en frôlant la canicule, je couvre la pièce pour la préserver du séchage et venir la terminer le dimanche, jour de marché. Lorsque je reviens le lendemain matin, elle a été vandalisée selon le même mode opératoire : un coup de poing puissant visant à enfoncer la structure. Ne souhaitant pas jouer un jeu par tour avec mon faussaire, je décide de la laisser en place avec comme philosophie : wait and see. Dans le même temps, on me rapporte que plusieurs posts sur les réseaux sociaux s'insurgent contre le vol et la destruction de mes œuvres. Vers 15h, je repasse découvrir l'ébauche, ayant décidé malgré tout de la terminer de manière naïve. Je laisse la trace de poing, et je dessine deux yeux, un nez et une bouche façon bonhomme-bâtons. En fin d'après-midi, on m'informe que la sculpture a été sauvagement défoncée, elle se détache presque du mur, pendant de son point d'attache en bas. Je décide d'aller la décrocher afin que personne ne se blesse en passant au grillage mis à nu.






































































